Marta Boni et Stéfany Boisvert (2025). Intermédialités, (46), automne. DOI: https://doi.org/10.7202/1122628ar
Dans l’épisode final de la troisième saison de Stranger Things (Netflix 2016–2025), la jeune Eleven, 14 ans, lit une déclaration d’amour paternelle que lui a écrite son géniteur adoptif, Jim Hopper. Cette série initiatique, qui avait jusque-là placé au centre de son récit les prouesses et les échecs, les réussites et les maladresses d’un groupe de jeunes capables de lutter contre les forces du Mal, épouse ici le point de vue de l’adulte. Juste avant la fin de la saison, elle nous propose une relecture des relations en l’axant non pas sur la poussée vers l’avenir qui caractérise les protagonistes, mais sur la conscience aiguë de la perte vécue par les parents — et leur tentative, stoïque, de laisser partir leur progéniture. La lettre signale la tension inépuisable entre protection et laisser-aller typique de tout processus de croissance. Garder la porte ouverte de trois pouces, maintenir un fil ténu alors que l’enfant devient une personne adulte… mais être capable de dire vraiment adieu, étape cruciale des récits d’initiation.
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